Ce n'est pas franchement bon signe : les français se désintéressent de leur santé. ce n'est ni spectaculaire ni massif, c'est comme un mal-être, une sorte de prise de distance. dans ces mois difficiles où la question du pouvoir d'achat tourne à l'obsession, la santé n'est plus la priorité. au point même qu'ils regardent avec inquiétude l'évolution du système de santé. c'est, en tout cas, l'enseignement majeur de ce baromètre santé, publié aujourd'hui (1), à partir d'un long sondage réalisé par l'ifop.
d'année en année, la tendance est nette. avec une baisse marquée de l'investissement des français dans la gestion de leur santé, et en particulier sur la prévention, souligne l'enquête. on note que moins d'un français sur deux est d'accord pour prendre des produits pour prévenir une maladie. si, en 2006, 86 % des français pensaient qu'arrêter de fumer contribuait à rester en bonne santé, ils ne sont plus que 74 % à le penser en 2008. autre signe : les français entreprennent moins d'actions pour gérer leur santé, en particulier dans la gestion du poids, du stress, et de la vie sociale. l'année dernière, ils étaient 51 % à être prêts à dépenser de l'argent pour rester en bonne santé, ils ne sont plus que 47 % aujourd'hui. pour s'informer sur la santé, il y a ainsi une forte montée du recours à internet, au détriment du corps médical.
ce sont tous ces petits signes accumulés qui montrent que les français semblent délaisser leur santé. d'autant qu'ils sont inquiets sur le système : en 2008, les français ont une vision plus pessimiste des paramètres de santé, comme l'accessibilité aux soins, la facilité de la consultation ou encore les progrès de la médecine. et on arrive à ce taux très élevé de 75 % de la population qui estime que le système de santé se dégrade. parallèlement, un français sur deux fait confiance aux médecines douces, et 41 % se soignent souvent sans consulter de médecin.
lorsque l'ifop tente de dresser une typologie des français, elle note que 27 % peuvent être qualifiés de fatalistes, et 31 % d'insouciants au regard de leur santé. cela fait beaucoup. enfin, sur le sujet des hôpitaux, ils se montrent attentifs : ils choisissent à 69 % leur hôpital en fonction de sa réputation, et seulement 42 % en raison de sa proximité. ils sont 56% à juger médiocre la qualité des soins dans les petits hôpitaux. presque un tiers d'entre eux estiment que la qualité des soins s'est détériorée dans les hôpitaux publics. et, s'ils sont néanmoins 60 % à juger qu'ils sont bien soignés dans les hôpitaux publics, ce taux monte à 65 % pour les cliniques privés. on voit, là aussi, pointer une sorte de désabusement. il n'est pas massif, mais il s'installe.
Source: libération
Par: groupes Kiria et Philips
Ajouter le: 02/10/2008 - 541 lectures