Du café? non, j'essaye d'arrêter, je viens d'en boire cette réaction est banale dans la vie de tous les jours. elle est liée, notamment, à de nombreux mythes autour du "caoua". car, selon des chercheurs américains, la consommation de café, même élevée, augmenterait l'espérance de vie
le café, trop peu connu
au-delà de sa teneur en caféine, qui a des effets santé ambivalents dans l'organisme, la composition du café est finalement assez méconnue du grand public. trop souvent, on ignore qu'un bon café n'apporte aucune calorie (s'il est noir), procure des antioxydants, des minéraux (potassium, magnésium, manganèse) et de la vitamine b3 (niacine).
par ailleurs, le café contribue à nos besoins quotidiens en liquides. bref, le café s'intègre donc parfaitement bien dans une alimentation équilibrée. plusieurs études indiquent que le café exercent des effets protecteurs à l'égard de nombreuses maladies, mais son impact sur la mortalité demeurait encore assez flou.
la pause café des infirmières
des chercheurs américains se sont penchés sur l'association entre la consommation de café et la mortalité (toutes causes confondues, par mortalité cardiovasculaire et par cancers) chez 40.000 hommes et 80.000 femmes suivis pendant respectivement 18 à 24 ans. les données ont été notamment extraites de la célèbre nurses' health study, et les sujets étaient exempts de maladie cardiovasculaire ou de cancer au début de l'étude.
chez les hommes, les scientifiques ont relevé 6 888 décès lors du suivi, dont 2 049 dus aux maladies cardiovasculaires et 2 491 dus à un cancer. chez les femmes 11 095 décès ont été observés (2 368 due aux maladies cardiovasculaires et 5 011 dus au cancer).
la dose augmente la protection
après ajustements pour toute une série de facteurs confondants, le verdict plaide en faveur du café. le risque relatif de décès, toutes causes confondues, baisse avec le nombre de tasses:
- chez les hommes: le risque diminue de 3 % à partir de 2 à 3 tasses par jour, de 7 % entre 4 et 5 tasses et de 20 % au-delà de 6 tasses. en revanche, il ne bouge pas ou presque pour une consommation inférieure à 1 tasse par jour ou en cas d'abstinence.
- chez les femmes, l'effet du café est plus marqué encore: il baisse déjà un peu avec la consommation de 4 tasses par semaine et est réduit de 25 % à partir de 4 à 5 tasses par jour.
le cœur aime le café
cette relation inverse pourrait s'expliquer en grande partie par une réduction de la mortalité cardiovasculaire, paradoxalement indépendante de l'apport en caféine. par contre, aucune association avec le risque de décès par cancer n'a été constatée.
quant au café décaféiné, sa consommation a été associée avec une réduction faible de la mortalité, toutes causes confondues, et, due à la baisse des maladies cardiovasculaires.
les consommateurs en bonne santé
evidemment, cette étude a ses limites. premièrement, les volontaires reportaient eux-mêmes leur consommation de café. de plus, ils étaient en bonne santé au début de l'étude.
chez les personnes souffrant d'une hypertension légère, la caféine semble, dans certaines circonstances, augmenter la pression sanguine, renforçant l'effet du stress ou de l'effort physique. les femmes enceintes ont également tout intérêt à boire un peu moins de café que d'habitude pendant leur grossesse, à savoir pas plus de 3 à 4 tasses par jour.
enfin, il faut savoir que le café non filtré et celui produit par la cafetière à piston entraînent une légère augmentation du taux de cholestérol.