Entre 6 et 12 % des français ont déjà souffert d'épisodes dépressifs caractérisés. ces chiffres, émanant de deux enquêtes, sont publiés mardi matin par le bulletin épidémiologique hebdomadaire , qui consacre l'ensemble de son numéro à la santé mentale en france, sa surveillance et ses enjeux. les dépressions sévères touchent, elles, environ 3 % des individus. cette maladie est deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes quel que soit leur âge. elle est favorisée par le veuvage, le divorce, le chômage, l'invalidité ou les congés maladie.
les auteurs précisent aussi que l'appartenance à la catégorie des cadres et des professions intellectuelles ainsi qu'un niveau d'études universitaire sont des facteurs protecteurs. d'ailleurs, la dépression est plus fréquente dans les quartiers classés en zone urbaine sensible. de plus, des événements survenus dans l'enfance, ainsi que certaines caractéristiques du fonctionnement familial "apparaissent fortement et indépendamment associés à la dépression, notamment le fait d'avoir été victime de violences sexuelles ou témoin de violences interparentales, mais également le fait que les parents aient connu de longues périodes de chômage ou de graves difficultés financières".
mais attention, met en garde françoise weber, qui dirige l'institut national de veille sanitaire, dans un éditorial : "la santé mentale est un champ complexe par les difficultés méthodologiques qu'elle doit affronter" : la définition exacte des pathologies est difficile et il existe rarement des signes caractéristiques "qui permettent de poser des diagnostics avec un degré de confiance suffisant en dehors d'un examen clinique et d'un long questionnaire administré par des professionnels de la santé mentale". ces derniers ne disposent pas, contrairement aux spécialistes des autres disciplines médicales, de marqueurs biologiques permettant de réaliser des études. les résultats de leurs travaux doivent donc être interprétés "en tenant compte d'une marge d'incertitude".